Épisode

Se ressourcer quand on le peut, là où l’on a son ancrage culturel, familial, c’est aussi ça le bonheur…

Transcription

« Quand souffle la magie, un podcast de Mylène Piter, raconteuse d’histoires pluridisciplinaire »

« Episode 8 : Gwadloup »

[Chant des criquets]

Ce son-là, c’est le son de la Guadeloupe à la nuit tombée. Les criquets sont partout. Dans les villes, à la campagne, par temps clair comme par temps de pluie.

[Chant des criquets sous la pluie]

Oui, même sous la pluie, les criquets sont là.

[Chant des criquets]

Il y a quelques semaines, après avoir célébré la période de l’avent dans le froid, je suis venue ici pour me ressourcer. Ça peut paraitre paradoxal de célébrer le froid de décembre pour m’envoler au soleil quelques jours plus tard , mais revenir en Guadeloupe après 4 ans d’absence c’était un réel besoin. À vrai dire, je ne sais pas s’il existe un autre endroit au monde où je me sens comme ici.

[STOP Chant criquets]

Je crois que c’est une question d’ancrage.

[magie]

Je ne suis pas née en Guadeloupe. J’en suis originaire. C’est la Terre de mon père et de ses aïeux. Et ma mère, bien qu’elle soit Guyanaise, et née en Guyane, avec une maman née dans les terres amazoniennes, et bien elle avait elle aussi un papa Guadeloupéen.

Bref la Guadeloupe et même la commune de Morne-à-l’eau, c’est le lieu où mes 2 histoires familiales se croisent.

[Vent froid]

Et si je suis née dans l’Hexagone lors d’une tempête de neige un dimanche froid du mois de janvier, c’est tout bébé, 6 mois plus tard que j’ai respiré pour la première fois l’air de la Guadeloupe.

[Chant des criquets]

OUI. C’est ici que j’ai appris à marcher et à parler sur un morne à Morne-à-L’eau. C’est là que j’ai commencé à découvrir les saveurs, que mes premières dents ont poussé et que j’ai fait ma première rentrée des classes.

Je n’ai pas grandi en Guadeloupe, j’y ai passé ma petite enfance. Et par la suite, à distance de cette Terre, mes parents ont continué à m’élever dans une culture créole antillo-guyanaise, chacun avec ses spécificités.

Je revenais régulièrement ici. Alors maintenant adulte, quand tout se chamboule dans ma vie, que mes repères explosent, mon ancrage c’est ici que je viens le chercher. Auprès de ma famille. Là où l’amour à mon égard est inconditionnel, et où mon appartenance à la communauté n’est jamais remise en question.

Ici pour moi la magie souffle comme le chant des criquets, le bruit de la pluie sur la tôle des vieilles maisons, le bruit des vagues par grand vent. Aussi, il y a la chaleur et l’humidité de l’air sur ma peau et mes cheveux, les paysages, les couleurs vives, la mer et l’océan, le créole, la musique, la nourriture, et surtout la famille.

Terminer l’année en Guadeloupe c’est entrer dans l’ambiance du Chanté Nwèl, voir mon petit neveu et tous ses camarades de classes troquer leur uniforme de l’école contre une tenue toute rouge pour la fête de Noël.

Terminer l’année en Guadeloupe, c’est cotoyer les ainé.e.s qui transmettent beaucoup et partagent volontiers leurs avis non sollicités sur tout, sur tous ET sur toutes. C’est multiplier les repas de familles où mon tonton est sans filtre pour le bonheur des uns et au grand damn des autres.

À Noël sur le Morne, on tourne encore le sorbet coco à plusieurs comme dans mon enfance.

Terminer l’année en Guadeloupe, c’est prendre des bains de mer dans une eau transparente, mais c’est surtout manger. Et la nourriture, dans le fait de me ressourcer, c’est bien plus important que la plage. Les gratins de bananes jaunes, de christophines attrapés à la va-vite dans le Bourg, les concombres pays et les fruits que je mange du petit déjeuner au diner, les bananes dessert qui poussent dans la cour chez ma tante qu’on cueille à maturité, et les poids d’Angole de Noël, les citrons, les feuilles cueillies sur le Morne autour de la maison, ça c’est de la magie, de la joie et du bonheur.

Je pourrais continuer longtemps encore avec ce que j’aime ici, mais ce week-end avec l’année qui commence, c’est le début du carnaval alors…plutôt que d’essayer de fuir le bruit ambiant de PTP, où je passe quelques jours,

Je vais conclure en adressant ces quelques mots à la Guadeloupe :

Gwadloup mwen enmew

Dépi tou piti mwen enmew

E an ké enmew tout vi an mwen

Transition sonore [Carnaval]

Vous venez d’écouter « Gwadloup »  le huitième épisode du podcast « Quand souffle la magie… » un podcast pour celles et ceux qui souhaitent ralentir, et se reconnecter à la magie du quotidien.

Je suis Mylène Piter, comédienne et raconteuse d’histoires et je vous donne rendez-vous chaque 1er dimanche du mois pour un nouvel épisode.

Alors, si celui-ci vous a plu, n’hésitez pas à vous abonner. Et si vous voulez échanger, rdv dans la section commentaires du blog quandsoufflelamagie.fr , ou sur Instagram ou Facebook.

À dans un mois pour le prochain podcast

Et d’ici là, prenez soin de vous!

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